Boa Vista, une immersion totale

Après nos mésaventures d’hier et d’avant-hier soir, nous partons ce matin pour Boa Vista en compagnie de W4L et Talitha.

Nicolas vient à la nage nous aider à remonter l’ancre puis repart rejoindre son bateau pour lui aussi quitter le mouillage.

La navigation entre Sal et Boa Vista se passe sans encombre. Nous ralentissons à l’arrivée afin que Nicolas parte avec son masque et tuba nous trouver un coin de sable pour mouiller sereinement. Cédric vient nous aider à descendre l’ancre. Quelle équipe! Quelle organisation! Encore merci pour votre aide!!!

Quelques heures après, nous voyons le voilier jaune LARWIN en approche. Nous suivons Erwin et Larissa, accompagné de leur chienne Ginger, à travers leur blog depuis leur départ du sud de la France il y a 9 mois (http://www.larwinlevoilierjaune.com). Manu va à leur rencontre en annexe et leur propose de venir à bord de Sea You ce soir pour faire plus ample connaissance. C’est assez étonnant car en les recevant, nous avons l’impression de les connaître depuis un bail. Ils nous ressemblent… Ils ont le même besoin de liberté… Nous sympathisons rapidement.

Le jour suivant, nous rejoignons la plage de sable fin juste en face de notre mouillage. En arrivant, deux tortues marines pointent très furtivement leur bout de nez près de l’annexe🐢🐢 Nous visitons le village de Sal Rei et faisons le plein de fruits et légumes. En déambulant dans les rues, nous découvrons les vestiges d’anciennes maisons coloniales et de vieux entrepôts. Ici règne un calme certain et les habitants sont à l’image du village. 100% no stress 😉

Ensuite, nous partons avec plusieurs bateaux copains flâner dans le marché aux poissons. Nous achetons tous ensemble une daurade Coryphène d’une dizaine de kilos afin de la déguster le jour même en tartare et carpaccio à bord de Sea You. Cette idée nous vaudra quelques soucis digestifs par la suite…

Après notre passage au marché, nous nous arrêtons dans un petit restaurant pour déjeuner en famille. Nous y croisons Erwin et Larissa. Nous leur proposons de faire une excursion demain avec W4L et Talitha.

Le lendemain au petit matin, nous partons à seize, cheveux au vent, dans trois aluguers (taxis) afin de découvrir une partie de l’île. Durant cette journée, nous avons eu l’occasion de voir des paysages très variés et changeant rapidement.

Après une mini étape du « Paris-Dakar », notre chauffeur s’arrête au désert de Viana. Des dunes à perte de vue! Les enfants s’y donnent à coeur joie: roulades, courses infernales, sauts…

Puis nous traversons des paysages arides sur des chemins de terre.

Notre prochain arrêt: Curral Velho. C’est une ancienne saline abandonnée. Sa plage est très blanche et bordée d’une rangée de cocotiers. Nous passons devant les ruines de l’exploitations nommée « le château de mon père ».

Une petite pause pique nique sur la plage de Penta de Ervatao. Les enfants ne résistent pas à sauter dans les gros rouleaux.

thumb_pb200005_1024Ensuite, notre guide s’arrête dans le village coloré de Fundo Das Figuiers afin d’y flâner un instant.

Nous finissons ce rallye par la route 66 du « désert d’Arizona ». Nous avons une impression paradoxale d’immensité.

Les cinq jours suivants n’ont pas été de tout repos…

Une immersion totale:

Cela fait 24h que nous sommes tous les deux barbouillés, rien de grave… Des maux de ventre et quelques allers-retours aux toilettes😬 Ce soir là, c’est même spaghettis bolonaise maison à bord🍝

Sur Talitha et W4L, Nathalie et Nicolas sont également sujets à des problèmes gastriques en plus accompagnés d’une forte fièvre, de nausées et de courbatures🤒 Est-ce une tourista, une gastro, des parasites dans la daurade achetée au marché et consommée crue… Sur tous les bateaux copains, il y a au moins un adulte de malade! Ouf, les enfants sont en forme et tout roule pour eux…

2h du matin, Robin n’est pas joli, il est pris des même symptômes… 5h du matin, Emile arrive dans notre cabine, bouillant… Prise de température, on frôle les 41° pour les deux. Au lever du jour, Marius est pâle. Il se plaint lui aussi de maux de ventre … Il n’a « que » 39.5… Oups, que faisons-nous maintenant car ils sont fort affaiblis?

Manu, inquiet, décide de contacter le CCMM de Toulouse. Il nous demande si le pronostic vital est engagé, bien heureusement non… Étant avec d’autres personnes en ligne, il souhaite que nous rappelions dans une 1/2 heure.

Durant ce laps de temps, nous écrivons sur une feuille: notre position, notre numéro MMSI, le numéro de notre téléphone satellite Iridium, les âges, les poids, les antécédents, les symptômes (crampes, forte fièvre, vertiges, nausées et plus aucune force). Merci le stage ATMSI de chez STW.

Nous rappelons comme convenu et expliquons la situation. 5 malades, dans un endroit plus ou moins isolé sur un voilier, n’est pas du goût du médecin… Il est épaté par notre superbe pharmacie de bord (pharmacie détaillée dans un autre article). Mais cependant, elle reste un peu juste en quantité pour traiter toute la famille de la même pathologie.

Il prend contact avec le CROSS Gris Nez. Nous sommes en conférence téléphonique à trois. La conversation durant, ils décident ensemble de nous rappeler afin d’économiser les précieuses minutes de notre Iridium. Ils parlent dans un premier temps d’évacuer les garçons aux Canaries car il n’y a pas d’hôpital à Boavista. Nous sommes abasourdis!!! Puis le CROSS prend contact avec les autorités du Cap Vert pour trouver une autre solution. Ouf, il y a une clinique privée à Sal Rei qui vient juste d’ouvrir.

Ces deux organismes sont d’un professionnalisme hors pair, et nous les en remercions vivement!

Moins de deux heures après, un bateau accoste Sea You… Rien à voir avec ceux de la SNSM: une coque polyester et un vieux 2 temps Yamaha Enduro de 40cv pour le transfert à la clinique de Sal Rei. Au quai des pêcheurs, une ambulance réformée depuis des décennies en France, nous attend. Puis nous voilà devant le médecin… Comme disent les cap verdiens, ici c’est 100% NO STRESS. Mais cependant, il souhaite nous garder sous surveillance au moins 24h.
Découverte de notre nouveau pied à terre. Le dispensaire (et non pas la clinique privée😉) de Boa Vista est agrémenté de magnifiques néons blancs style ancien garage automobile. L’équipe médicale est adorable, mais nous sentons que c’est compliqué… Les soins sont de qualité mais avec des moyens limités. Par exemple, nos trois pirates ont découvert que les aiguilles au Cap Vert sont de taille unique!!!! Contrairement à nos hôpitaux occidentaux, si nous avons soif, les équipes nous dirigent vers la station essence ouverte 24H/24. Concernant les repas, c’est la famille ou les amis qui s’occupent de l’intendance. Cela met une ambiance festive dans les couloirs car s’y croisent les personnes malades par l’âge, par l’handicap, par la maladie ou tout simplement une maman qui vient d’accoucher.

thumb_img_4162_1024Afin que les garçons mangent quelques choses, Oscar (un des enfants de Talitha) prépare du riz. Et surprise des amis, ils nous apportent une pizza à 22h! Mieux que Pizza Hut😉

Il est minuit, nous somnolons quand arrive l’infirmière… Marius a encore plus de 40 de fièvre… Elle pique à nouveau Marius avec sa grosse aiguille directement dans la cuisse. Une heure plus tard la température ne baisse pas assez. Pas de négociation possible… Notre pirate, dormant profondément, se retrouve sous une douche froide… Méthode africaine😧

Puis de fil en aiguille, ils se requinquent tout doucement…

thumb_img_4190_1024Le lendemain matin, si nous voulons sortir, nos 3 gaillards doivent avoir moins de 38 degrés de température. Nous leur administrons en cachette le reste de doliprane et ça fonctionne… Sauf qu’au lever, Marius fait une belle syncope! Sa gamelle nous offre un nouveau billet pour une nuit sur place et 8 heures sous perfusion de notre tête blonde 😫

Nous avons la visite de la police qui nous a escortée. Ils souhaitent prendre des nouvelles des blondinets. Les gars sont hors service et veulent se rassurer … Une gentillesse à toute épreuve. Nous en profitons pour leur demander combien nous devons pour le bateau venu nous chercher ainsi que pour l’ambulance. « Rien, c’est avec plaisir »… Pour remercier et égailler la vie des enfants malades, Manu fonce chercher 12 boîtes de crayons de couleur au chinois tenant la supérette du coin.

Un enfant vient nous saluer avec son trophée à la main: un oiseau attrapé dans le couloir! Nous ne sommes pas surpris car sur notre table de Kiné faisant office de lit, nous avons régulièrement la visite de lézards et d’autres bestioles en tout genre.

thumb_img_4192_1024Le lendemain, la fièvre de Marius et d’Émile est toujours présente. Le médecin souhaite nous garder une nuit supplémentaire… Nous négocions toute la journée et proposons même de signer une décharge… Ouf, nous obtenons notre billet de sortie en fin de journée! A 17h00, un aluguer  vient nous chercher pour faire les 500 mètres qui nous séparent de la plage. Marius n’a aucune force pour marcher… Fabian, skipper de Ioda, nous récupére sur la plage avec son annexe. Nous rentrons et découvrons le bateau dans un état épouvantable! Le ménage attendra… Un bol de riz et dodo…

Parlons finance… Nos trois jours et deux nuits de soins, nous ont coûté 100 euros, transport compris!

Cette expérience nous a permis de rencontrer et de vivre avec les gens du pays. Les cap verdiens sont adorables et ne se plaignent pas. Le corps médical est rassurant rien que par leur joie de vivre et leur sourire. Il y a un juste milieu à trouver mais nous avons compris que le système de santé français est démesuré et que les abus l’emmènent à sa perte…

Dans cette nouvelle aventure Sea You 😉, nous remercions le CROSS Gris Nez, le CCMM Toulouse… Chapeau bas les gars! Et merci également aux équipes médicales du Cap Vert et aux bateaux copains!
Les 2 jours suivants seront consacrés au lavage, à la désinfection, aux lessives… Toujours vaseux et fiévreux… Pour occuper les enfants et leur faire un peu oublier cet épisode, nous leur offrons avant l’heure les cadeaux de Noël que nous avions achetés à Tenerife.

Le bateau quasi propre nous partons pour 24 heures de navigation vers Mindelo car les parents de Perrine arrivent dans 48 heures. Toujours sans guindeau, Ioda nous aide à remonter l’ancre. 

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6 réflexions sur “Boa Vista, une immersion totale

  1. Coucou l’équipage super l’article je pense que l’épisode de la gastro entérite aurait mérité un titre unique tellement il est marquant 😉🚑 bravo gros bisous à bientôt Papa 😘😘😘

    Courriel envoyé de l’iPhone de Frédéric Degrave

    >

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  2. Eh beh!! Quelle histoire mes pauvres! Vous avez dû flipper un peu quand même!
    On passe le Nouvel An avec Penn Gwen (que vous avez croisé à Madère? ) et Elora et la flotte de Festina Lente à Garachico, Tenerife. On vous aurait bien eu avec nous!
    Bonne année!!

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  3. C’est nous de nouveau! Je sors à peine de ce même dispensaire où le médecin m’a parlé de vous! Et là votre article m’a fait tilt, c’était donc ici! Nous aussi, coordination formidable CROSS et CCMM (on étaiten mer quand bébé a donné des signes de déshydratation)
    et accueil extra des cap verdiens! Va falloir qu’on arrête de vous suivre à la trace et qu’on vous retrouve pour de bon 🙂 bises à vous tous

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