Les Açores, découvertes et point de ralliement

Après une transat retour assez venteuse de près de 3000 milles, quelques apéros au fameux Peters’Bar ou ailleurs, Cédric et Vartan, nos amis équipiers, prennent route vers l’aéroport de Faïal, non sans encombres… Billet d’avion impossible à acheter faute d’un serveur fou, vol annulé et reporté au lendemain suite à une météo défavorable et enfin oubli du téléphone de Cédric au bateau… Sachez les copains que nous avons passé d’excellents moments en votre compagnie 😉

aT2pLZYwRny0UdoGdP+HYA_thumb_3cf5Nous retrouvons tout d’abord deux premiers bateaux copains, connus au début de notre voyage:

  • Lys des Mers, rencontré à Cascais au Portugal en septembre 2016, avec Thierry, Michèle et les petites culottes de la seconde (certains comprendront, n’est-ce pas Robin 😉 )
  • mais aussi Essentiel avec Pierre, Estelle et leurs trois enfants (Malo, Enora et Eloan), rencontrés lors d’un mouillage à la Gomera aux Canaries en octobre 2016.

Les températures ne dépassent pas les vingt degrés les premiers jours et la pluie ne cesse de tomber, nous ressortons donc les couettes, les jeans, les chaussettes et les vestes de quart à l’agréable odeur de renfermé. Bien couverts, nous flânons dans les jolies ruelles d’Horta… 

Le check travaux après transat est satisfaisant. Aucun problème majeur 🙂 Seuls quelques petits pépins: perte d’un martyr, un peu d’eau dans les fonds (mais au vu des paquets de mer reçus…), reprise des coutures du bimini et recollage de certaines jonctions de notre annexe qui n’ont pas appréciées le climat Caraïbéen de ces deux dernières années. Il est costaud notre pépère Sea You 😉

Grâce au « pschitt » de notre annexe, nous aurons la chance d’être à quai et non au mouillage. Notre place est très courtisée car en cette époque de l’année des bateaux arrivent tous les jours! Malheureusement, ce port n’est pas extensible et nous serons jusqu’à cinq bateaux à couple!!!Heureusement que le vent n’a pas trop soufflé lors de cette affluence…

En réalisant notre plein de course au supermarché, nous retrouvons du vrai fromage (à des prix non exorbitants), des entrecôtes provenant directement des Açores, de la pâte brisée (introuvable depuis la Martinique), des vrais sacs poubelles… Et tout cela à des prix plus que corrects. Pourquoi ne pas nous installer ici? Le climat est doux, la population est accueillante, les paysages sont magnifiques, le coût de la vie est faible et tout cela reste proche de la France. A réfléchir pour nos vieux jours 😉 😉 😉

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Au port d’Horta, la tradition veut que tous marins, passant par ces lieux, ne repartent pas sans avoir laissé son empreinte. En flânant sur les quais, nous découvrons les talents artistiques de nombreux bateaux copains qui nous ont précédés.

Nous retrouvons également notre emplacement réservé l’an passé par nos Talithas et W4L chéris. Ce dernier représente quelques unes de nos galères partagées ensemble: une annexe à l’envers, une poussette en haut du mat et un guideau volant. Du grand Mendés 😉 

Après plusieurs aller-retour entre les temps de séchage et les averses, ça y est, les amis, nous voilà enfin réunis comme auparavant…

Pendant que nous laissons notre empreinte, Emile laisse également sa trace et réalise un joli petit marin 🙂

A Horta, c’est aussi de nouvelles rencontres! Grâce aux enfants, nous apprenons à connaître Marie-Claire et Jean Roch du voilier Teïva. Marius et Théo deviennent inséparables. Nous passons des moments inoubliables en leur compagnie, entre philo, reconversion, étude comportementale de l’enfant, apéro, bières au Peter’s Bar… Comme nous, ils vont reconstruire quelque chose à terre après avoir tout vendu avant de partir il y a deux ans. Ils reviennent tous les trois en France mais sont un peu moins avancés que nous dans leur nouveau projet car ils ne savent toujours pas où ils poseront leurs valises (Salanche, Ajaccio, Marseille ou la Ciotat???). 

EgFz4oFWQRCDFY1fmyTCYQ_thumb_450cNous croisons également le chemin de Jean Louis, ayant réalisé son premier tour du monde sous dialyse (un beau témoignage de vie!), d’un premier Laurent, jeune retraité parisien, réalisant son rêve de tour de l’Atlantique en solo, d’un deuxième Laurent arrivant de sa transat en solitaire et attendant sa petite famille, de Valère et Margaux à la tête d’un yacht pour le compte d’un riche américain, de JD et François en panne moteur et chantant l’accent marseillais à nous faire pleurer de rire, mais aussi bien d’autres jolies personnalités telles que les équipages du voilier Gitan, Ciné Circus, Bubu ou nos voisins japonais…

Les Açores sont un des meilleurs lieux au monde pour l’observation de cétacés. Alors nous ne manquons pas l’occasion et embarquons avec les Teïvas à bord d’un grand zodiaque en compagnie de José, notre guide et de XXX, biologiste et photographe. Cette sortie est grandiose! Nous croisons dans un premier temps des dauphins joueurs…

Puis un guetteur signale à notre guide la présence de cachalots au sud de Pico. Plein gaz! Nous approchons ensuite tout doucement vers un jet et tombons nez à nez avec l’un d’entre eux. Ces géants des mers peuvent atteindre 18 mètres de longueur et peser 44 tonnes et sont là juste à 50 mètres de nous 🙂 Inoubliable…

La VHF de José crépite à nouveau… On lui signale un rorqual commun non loin de nous… Nous partons à sa recherche et le suivons pendant une bonne trentaine de minutes. En cette fin de saison, quelle chance de croiser cette espèce!!! 

Hop, hop, hop! Il est temps pour nous de dépasser les frontières d’Horta et de partir à la découverte de son île, Faïal. Après la location d’une voiture et de son état des lieux plus que pointilleux, direction la Caldeira qui par chance est découverte de son manteau nuageux ce matin. Située au centre de l’île, il s’agit d’un cône volcanique de 2 km de diamètre et de 400 mètres de profondeur. Le paysage est magnifique, la campagne est à perte de vue avec comme horizon la mer et Pico au loin, la végétation se réveille tout doucement… Avec ce magnifique point de vue, nous n’avons plus envie d’une vie citadine. 

Nous tentons de faire le tour du cratère avec sa petite randonnée de 8 kilomètres. Mais Emile, chaussé de Croc’s, abandonne rapidement malgré un stock de bonbons énorme comme carotte 😉

Nous repartons ensuite par les chemins de traverse en direction du volcan dos Capelinhos situé à l’ouest de l’île. Et n’est pas Sea You qui veut ( 😉 ), nous crevons devant un restaurant très sympa. Ca tombe bien, c’est l’heure du déjeuner 🙂 En attendant notre nouvelle voiture, nous apercevons de la terrasse de l’établissement un ballet de dauphins. En arrivant au volcan dos Capelinhos, nous découvrons un phare à demi enterré et un paysage lunaire. Quel contraste avec ce matin! Cette partie de l’île est très récente car elle est née suite à une éruption à 1 mille de la côte en 1957 qui dura treize mois. À la fin de ces coulées volcaniques, la péninsule de Capelo s’est formée, ce qui a ajouté 2,5 km2 à l’île de Faïal.

Les arrivées s’enchainent… Un matin, nous apercevons au mouillage le voilier Penn Gwen (rencontré en juillet 2016 à La Corogne en Espagne)… Puis un après-midi, nous apprenons l’arrivée imminente du voilier Ia Orana (rencontré à Paris en juin 2016 lors de la formation médicale STW). Quelques jours plus tard, Soca (rencontré à Tenerife aux Canaries en novembre 2016) est en approche suivi de peu par Zeemo (rencontré à Bequia aux Antilles, il y a tout juste un an)… A chaque arrivée annoncée, enfants et parents surveillent l’entrée du port. Euréka! Les voilà! Embrassades, fous rires et apéros s’en suivent!

Les enfants sont ravis de retrouver tous leurs copains de voyage. Ils forment une communauté indépendante et joyeuse… Quel plaisir de les regarder jouer tous ensemble! Courses de trottinette, matchs de football improvisés, grandes discussions sur leur prochaine année à terre, escapade au bistrot du coin munis du pavillon français de nos bateaux sous le bras afin d’aller supporter notre équipe nationale lors de la coupe du monde de foot…

Depuis notre arrivée, l’île de Pico nous invite à découvrir sa grandiose et imposante montagne du même nom. Située à 8 kilomètres seulement de Faïal, nous partons donc à sa découverte durant une journée marathon avec les Teïvas. Sauf qu’en arrivant à l’heure du rendez-vous, nous n’avons pas tenu compte du quart d’heure voir de la demi heure de politesse « savoyarde » de Jean-Roch et Marie-Claire 😉 Ouf, nous arrivons à temps pour embarquer dans le ferry!

LMcw49y5SZirPYEXFWNSSg_thumb_41a0En descendant, Joan, notre guide, nous accueille avec un sourire qui ne nous décevra pas. Nous traversons Madalena et ses fameux vignobles délimités par des murets.

Première arrêt à Cacherro (qui signifie chien en Portugais) pour découvrir la beauté de la mer créant des voûtes où l’eau s’engouffre et se mélange au noir de la pierre volcanique. Jean-Roch et Manu sont inquiets. Non pas parce qu’ils ont perdu leurs enfants mais parce que Marie-Claire et Perrine ont disparues… Ils les retrouvent dans une échoppe minuscule à déguster des liqueurs 😉

Ensuite Joan nous conduit à São Roque do Pico, où se trouve l’ancien centre industriel de la transformation de la baleine.

Nous commençons notre ascension et nous nous arrêtons à un mirador surplombant Sao Roque et l’île de Sao Jorge. Les paysages verdoyants sont reposants… 

Puis petite pause à plus de 1000 mètres d’altitude près d’un petit lac « Lagoa do Capitao ». Comme à son habitude, Marius se prend d’affection pour les canards 😉

En arrivant de l’autre côté de Pico, nous déjeunons à Lajes do Pico. Cette petite ville abrite le musée de la baleine. Installé dans les anciens hangars de barques baleinières, il retrace l’activité baleinière, qui a prospéré dans l’île jusqu’aux années 80. Un petit film en Anglais raconte l’histoire de la pêche à la baleine. Vu notre niveau en Anglais nous n’avons pas tout compris, mais les images parlent d’elles-mêmes 😉 Le musée dispose aussi d’une belle collection d’objets de Scrimshaw (art minutieux qui demande des heures de travail afin de graver des images sur les produits tirés de différents mammifères marins, principalement sur les os et les dents des cachalots ou les fanons des baleines).

Pas le temps de trainer car notre programme est encore bien chargé… Sur notre route Joan nous propose de découvrir ses propres vignes au bord de l’eau. Il fabrique son propre vin blanc et vin rouge.Nous avons même le droit à une petite dégustation… Son vin sort de nos critères gustatifs mais le geste était là 😉

Nous allons ensuite explorer de plus prés les entrailles de Pico en nous engouffrant dans l’impressionnant tunnel lavique de Gruta das Torres. A l’intérieur de cette grotte, nous avons observer différents types de structures géologiques: stalactites et stalagmites, ainsi que d’autres formations spéléologiques.

L’une des grandes attractions de cette île noire de basalte est le paysage protégé de la culture de vigne. Ce paysage dessiné grâce à l’effort prodigieux de l’homme est splendide. Plantées près de la côte, les vignes du cépage Verdelho sont protégées par des murs de pierre noire qui composent des enclos (currais) souvent minuscules. AU XIX siècle, le vin de Pico était exporté en Europe, et servi sur les tables des rois. 

Pour clôturer cette belle journée, nous visitons un cave coopérative et dégustons différents vins de l’île. Tard le soir, nous retournons à bord de Sea You bien fatigués mais ravis de cette belle journée…

Aujourd’hui, un doux rêve devient réalité pour parents et enfants. L’école est terminée!!! Les dernières évaluations de Robin et Marius sont envoyées à Ker Lann. Nous sommes ravis de cette école « à l’ancienne » si simple d’approche, de la rapidité des corrections et de leur écoute attentive. Emile termine également brillamment sa première année de maternelle grâce à Sophie, une amie enseignante qui nous a donné plein de conseils et envoyé des fiches pédagogiques.

Un après-midi, toute la troupe se met en route pour la balade de Monte Guaia. Augustin, Xavier, Maxime, Aurore, Constance, Armance, Robin, Marius et Emile sont de la partie. Accompagnés d’Anne-Laure et d’Amaury, du voilier Ia Orana, nous partons en direction du cône volcanique donnant sur la baie de Porto Pim et la ville de Horta. Le paysage est à nouveau à couper le souffle! Le retour s’effectue à perfusion de bonbons Haribo et se finit par un fabuleux « plouf » improvisé d’Emile dans la mer 😦 Les parents et les deux plus jeunes restent prendre un verre devant la plage de Porto Pim. Pendant que les plus grands partent en totale autonomie vers la marina pour voir le match de foot au bar du Yacht Club.

Certains diront quel dommage d’être restés si longtemps à Horta mais chaque jour un bateau copain (ou un bateau copain de bateau copain 😉 ) apparaissait à l’horizon… Et puis comment rater les 60 ans de notre ami, Jean-Pierre, Papy bateau… Nous espérons sincèrement être invités pour déguster un bon vin dans les fameux verres du Peter’Bar au baptême de votre nouveau Joshua 😉

En résumé, cette escale reste un moment clé de notre voyage… Une sorte de transition avant notre nouvelle vie, notre nouveau départ. C’est un peu comme un « au revoir » à toute cette famille de saltimbanque de la mer… Durant ces quatre semaines, nous nous sommes retrouvés régulièrement pour discuter, rire, occuper les pontons avec une Fest Noz improvisée par Ciné Circus ou profiter d’un spectacle de clown… Et tout cela dans la bonne humeur! Dur dur de tous vous quitter…

Allez, il est temps de renter! La belle fenêtre météo n’est pas vraiment là… Ca risque même de tamponner un peu mais retrouver famille et amis mi-juillet nous tarde aussi 😉 😉 😉

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12 réflexions sur “Les Açores, découvertes et point de ralliement

  1. Bravo pour ces récits pleins de vie et de souvenirs pour longtemps
    Attendons la fin du roman avec patience
    A bientôt de vous revoir tous
    Bisous à tout l’équipage
    Dorothee et paul

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  2. Encore un joli récit et de merveilleux moments si joliment racontés.
    Ces récits vont nous manquer mais quelle joie de vous retrouver et de vous avoir près de nous.
    Bravo,
    Il fallait le faire et vous l’avez accompli avec brio.
    Félicitations, je suis fière de vous 😚😉😍

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  3. Et vraiment zut que le vent ait été si défavorable pour que nous ne puissions rencontrer Zeemo le 14 juillet à Roscoff à votre arrivée au quai 😢
    Mais on trouvera bien un moment pour le faire 😃

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  4. Que de bons souvenirs pour nous aussi..
    Allez, je bois un ti’punch à votre santé 😉 Il aurait été meilleur en votre compagnie.. mais bon !
    Bon courage pour vider, ranger et faire une petite beauté à SEA YOU 😊
    GROS GROS BISOUS à tous les cinq 😗😗😗😗😗

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  5. Aaaah on est heureux de vous savoir bien arrivés! Les apéros n’ont pas arrêté (fiou!) et on a même réussi le fameux barbecue sur le quai, accordéon guitare au dessert!
    Un ti punch à votre santé au milieu des vaches de São Jorge. On vous souhaite un bon atterrissage, hum hum 😮

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  6. Un récit digne d’un Grand reportaire Avec de magnifiques photos démontre que les îles des Acores fut un endroit inoubliable et je confirme.
    Je vous souhaite un bon retour sur terre et vous embrasse tous très affectueusement
    Michelle de Lys des Mers, la fille aux petites culottes !!!!

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  7. c’est le grand jour pour vous… bon retour sur terre …! J’ai une pensée pour vous en ce 14 juillet 2018 !
    Merci pour tous les récits , les photos splendides….. sans oublier les petits bobos et les grosses frayeurs !
    Bravo à Perrine la maîtresse improvisée … aux trois garçons courageux Robin , Marius, Émile pour les résultats scolaires et les aventures partagées…sans oublier la plume du capitaine !

    Bisous et au plaisir de vous revoir ici où ailleurs !
    Sophie and the desreum family

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  8. Quelle belle saga qu’on a pu suivre depuis 2 ans. On était très content de vous avoir rencontré à Marie galante avec le bateau Daito en 2017. J ai l impression que l Ais indique que vous êtes arrivés à roscoff. On espère que cette dernière navigation avec le rail de ouessant s’est bien passée. Bon retour à toute la petite famille et bonne installation en Bretagne. Vos aventures vont nous manquer. Karine et Jean Michel

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