Pause béninoise

Tout juste arrivés à Roissy, nous posons les bagages pour l’enregistrement vers midi. L’hôtesse prend nos passeports.

  • « Vous n’avez pas de visa?
  • Euh, non…
  • Vous ne pouvez donc pas embarquer.
  • Ah, mais si!
  • Ah, mais non! »

Le ciel nous tombe sur la tête! Les formalités douanières n’ont plus de secret pour nous depuis notre départ de Dunkerque. Mais là, nous avons zappé la chose 😦 Nous appelons directement Camille et Aubin qui sont déjà au Bénin.

  • « Montez quand même dans l’avion, nous viendrons vous récupérer directement sur le tarmac. »

Nous faisons à nouveau la queue. L’hôtesse nous rétorque:

  • « Mais non, messieurs, dames, pas de visa, pas d’avion. Allez voir chez Air France pour le remboursement des billets. »

Et là, le deuxième coup de bambou. Nos billets sont non échangeables, non remboursables!

Aubin nous appelle à nouveau et nous demande de faire le forcing pour embarquer car il va nous obtenir des laissez-passer.

Retour à l’enregistrement… Négociation tendue avec la responsable. Il est 13h30, les enfants ont faim et râlent… Nous lui promettons que les laissez-passer seront dans sa boîte mail avant notre embarquement. Elle accepte d’enregistrer nos bagages. Nous passons les douanes et les contrôles sans visa mais sans encombre.

Il est 15h00, l’avion est juste devant nous et mangeons enfin un sandwich… Un nouveau retournement de situation intervient, Aubin a bien les papiers en poche mais le responsable des tampons est parti à un enterrement 😦 Nous tentons les dernières négociations avec le responsable clientèle d’Air France. Il comprend notre situation mais nous refuse cependant l’accès à bord. Il nous conseille de prendre le vol de demain matin.

Nous faisons donc, dépités, marche arrière et fonçons à l’accueil de la compagnie. Il ne reste que cinq places disponibles en classe affaire. Nous toussons à l’annonce du prix. L’hôtesse téléphone à son responsable pour obtenir une remise. Elle réussit à le diviser pas quatre!

Délestés d’une rondelette somme et toujours sans visa, nous quittons l’aéroport à 16h30 pour l’ambassade du Bénin à Paris. Cette dernière ferme ses portes à 17h00 mais Aubin et son ami, Léon, ont contacté le ministre de l’intérieur béninois afin que l’établissement reste ouvert jusqu’à notre passage! Tout cela le soir du vendredi Saint… Chapeau les gars!!!

Il est 20h00, nous repartons avec les visas en poche 😉 Nous prenons un taxi pour aller chez Catherine et Dom Dom, nos amis parisiens. Ils nous accueillent à l’improviste les bras ouverts 😉

Merci à tous d’avoir géré ces imprévus de dernières minutes et d’avoir le bras long 😉

Le lendemain à 10h00, nous décollons pour le Bénin en classe affaire! Une première pour nous très appréciable 😉

6 heures plus tard, nous foulons le sol béninois… Dépaysement total! Il faut savoir que les motos taxis sont des pétoires hors d’âge. A Cotonou, elles sont officiellement 30 000 mais en réalité, elles seraient 90 000!!! A tous nos potes s’inscrivant à l’Enduro du Touquet, au lieu de vous rendre à Loon-plage pour l’entrainement, prenez une licence de taxi béninoise… Chaque feu rouge à des airs de départ de grand prix: 200 motos minimum sont au taquet 😉

Nous avons malheureusement raté la cérémonie religieuse.

Mais nous arrivons, après deux heures de route, à Possotomé pour la soirée du mariage et juste à temps pour les traditionnels discours. Ici, nous sommes déjà des stars, ou plutôt les gros boulets de voyageurs aguerris sans visa… Notre épopée n’est pas passée inaperçue 😉

Le lieu est magique, le cocktail a lieu les pieds dans le sable… La décoration est féerique: une allée de lumières se reflète sur l’eau.

Il est temps de passer à table. Les tablées sont réparties sur des terrasses à pilotis. A peine l’entée est-elle servie qu’Emile nous dit:

  • «  Oups, ‘y a un grain… »

Tout le monde rigole… Il est mignon votre petit marin 😉 10 secondes après, nous nous réfugions tous au bar car c’est le déluge! Soirée robes mouillées? Malgré cet imprévu, la fête mélangeant les deux cultures a été superbe et nous avons pu nous défouler sur des airs béninois et occidentaux jusqu’au bout de la nuit!

Au réveil, nous découvrons le site où nous résidons. Ainsi que nos fameux voisins de chambre, Alawo et Vanessa 😉 Nous sommes sur les rives du lac Ahémé et prenons notre petit déjeuner sur pilotis avec une étendue d’eau à perte de vue.

FTlw0JS5TlmTw4FywqiaZw_thumb_37c1Camille et Aubin, nos jeunes mariés nous motivent à abandonner notre marmaille pour nous rendre à la messe du dimanche Saint. Chaque année l’équipe pastorale choisit un tissu imprimé. Puis les paroissiaux confectionnent leurs boubous et leurs pagnes pour la célébration.

Le rebond se tient à la piscine de l’hôtel. Les allers-retours des pirogues emmènent nourriture, boissons et chaises… Puis au tour des invités…

Manu ne rate pas de jeter la jolie mariée à l’eau avec une liasse de francs CFA dans la poche.  Rassurez-vous, il devait y avoir 50 euros tout au plus et Perrine les a fait sécher…

Pendant ce temps, les enfants font du kayak, barbotent tranquillement et font des expériences avec une araignées du pays…

Après un diner léger avec une bonne bière béninoise, nous allons tous nous coucher. Encore une belle journée!

Badaboum! Emile tombe du lit et se fracasse sur le coin de la table de chevet. Il a le cuir chevelu ouvert… Le saignement s’arrête après compression. Veille du blessé en regardant un petit dessin animé… Tout va bien jusque 7h00 du matin, où les vomissements commencent. D’un naturel peu anxieux, nous commençons à nous inquiéter d’autant plus que la clinique la plus proche est à 2 heures de voiture… Manu part réveiller Aubin et nous voilà partis vers Cotonou sur des routes chaotiques en compagnie de Léonce et son Toyota V8 (ce dernier sera notre chauffeur tout au long du séjour).

Pris en charge dès notre arrivée, le médecin nous annonce au minimum 24 heures d’observation… Prises de sang, bandage et perfusion sont au programme… Après nos péripéties du Cap-vert, certaines mauvaises langues (Talitha et Wind4life, pour ne pas les citer) nous proposent de rédiger un guide sur les urgences pédiatriques africaines 😉 Heureusement, Robin et Marius jouent encore à Possotomé avec leurs potes et dormiront chez Camille et Aubin.

Le lendemain après-midi, nous obtenons nos papiers de sortie 😉 Nous retrouvons tout le monde et partons découvrir le marché artisanal de Cotonou. Au détour d’une allée, Maxime (le fils de Camille et Aubin mais aussi le meilleur copain de Robin) nous amène dans un zoo. Derrière ses murs, nous avons fait d’effroyables découvertes… Les animaux sont maltraités, l’hygiène est déplorable et les conditions de vie inhumaines! Sans commentaire…


Nous reprenons notre route avec Maxime comme guide officiel 😉 Il nous ballade d’échoppe en échoppe. Perrine y trouve une crèche sculptée dans la pierre et les enfants repartent avec de vraies frondes.

Nous croisons Alawo et Vanessa. Camille leur demande tout simplement s’ils connaissent un endroit pour manger de l’igname pillé ce soir. Trois heures plus tard, nous voilà vingt sur une tablée à nous régaler chez leurs amis! C’est ça la Bénin Attitude 😉 Rien n’est grave, tout est toujours faisable. Nous avons à en prendre de la graine…

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Il est 5 heures du matin, le réveil sonne! Nous partons pour 4 heures de route en compagnie d’Aubin. Nous allons découvrir son investissement 😉 Il a acheté un troupeau de meuh meuh! Nous rencontrons le peule qui s’occupe des bêtes ainsi que David, un ami d’enfance, qui les vaccine. Ce dernier nous invite ensuite chez lui pour prendre l’apéritif. Manu craque pour son petit neveu.

Au retour, nous nous arrêtons dans un maquis pour manger à nouveau de l’igname pillé (qu’est ce que c’est bon!) ainsi qu’au bord de la route pour faire le plein d’essence à la « mode béninoise » et acheter des kilos d’ananas, de cacahouètes et d’avocats.

qyvHAg74RX2Qx0fNtRUkAg_thumb_38ddIl ne faut pas trainer car un plat traditionnel nous attend à Calavi chez Placide et Judith. Accueil chaleureux… Soirée très sympathique! Des discussions ouvertes avec un cours de catéchisme dispensé par Camille qui nous fera tous bien rire 😉 😉 😉

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Vanessa et Alawo. Nous allons visiter Ganvié, la plus grande cité lacustre d’Afrique.

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Au point de rendez-vous, Alawo fonce chez sa belle-soeur afin de trouver un guide. Et là, surprise! Elle nous organise tout: du guide, à la pirogue en passant par le restaurant… La simplicité béninoise… Un grand merci!

C’est parti!

Ganvié est une vraie ville sur pilotis située à une vingtaines de kilomètres de Cotonou avec 35 000 habitants (les tofinus), sa banque, ses églises, son école… Les cases rectangulaires sont en bambou et couvertes de paille ou de tôle..

A mi-chemin, nous nous arrêtons à l’auberge chez « M » pour déjeuner.

L’ensemble de la balade est magnifique! Nous avons le sentiment d’être au bout du monde.

8x1LYFEVQAORNE8y4gQOrg_thumb_39c8De retour à Cotonou, nous nous rendons chez le tailleur d’Alawo et Vanessa. Encore un bon plan de notre ami béninois! Au fond d’une cour où se trouve un garage automobile, le couturier nous prend les mesures. Il nous donne rendez-vous le lendemain pour récupérer nos boubous. Les prix et les délais sont défiants toute concurrence!

Nous nous rendons ensuite dans un restaurant sur la plage afin de diner avec nos jeunes mariés et des amis encore sur place. Emile prend l’aquarium pour la télé et les enfants font des jeux de plage en attendant les plats.

Pour notre dernière journée au Bénin, nous avons encore un programme chargé. Nous partons tôt pour Ouidah. Cette ville était l’un des points d’embarquement des esclaves en direction des Amériques. Nous y découvrons le temple des pythons, lieu vaudou par excellence. Nous aurons tous le droit d’en porter un autour du coup. Sauf Emile qui n’est pas très franc 😉

Puis nous visitons la fondation Zinzou où des artistes africains contemporains exposent. Nous avons été frappés par la richesse des oeuvres présentées : photographie, sculpture, vidéo, peinture, dessin, lithographie… Mais aussi par la diversité et la qualité de la collection.

Nous prenons ensuite un chemin sableux vers la Porte du Non Retour érigée en mémoire de la traite négrière. Ce lieu est chargé d’émotion. Le sentiment qu’il y a eu des choses peu glorieuses sur ces terres est palpable…

Nous récupérons ensuite nos boubous et saluons nos hôtes de la maison de Canelia. Petites photos en tenue locale avec notre super guide Léonce!

Puis direction l’aéroport car notre départ est imminent!

Nous tenons vraiment à remercier Camille et Aubin, qui ont brillamment obtenus leurs diplômes de tour opérateur 😉 Mais aussi Maxime, Arthur, Julia, Léon, Léonce, Alawo, Vanessa, Placide, Judith, Marion et toutes les autres personnes qui nous ont permis de découvrir leur magnifique pays hors du temps!

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4 réflexions sur “Pause béninoise

  1. Superbes photos , superbe voyage , amis merveilleux.
    Quel beau voyage !
    Il aurait été vraiment dommage de ne pas y aller.
    Bravo pour votre persévérance.
    Gros bisous Lilou.

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  2. Vous me faites rêver!!!! Plus le temps passe, plus je me dis que vous avez fait le meilleur choix en décidant ce changement… Bonne continuation Biz ________________________________

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