Cap vers les San Blas

Nous sommes déjà depuis un mois en Colombie à arpenter ce pays magnifique. Plus jeunes et sans enfant nous y aurions surement posé nos valises quelques années…

Lors de la dernière navigation, notre traceur Raymarine n’était plus fiable (perte de la position GPS à plusieurs reprises, écran bougeant de façon inattendue…). Il est sous garantie mais la faire fonctionner en Colombie n’est pas chose facile. Par chance, Jacques et Sophie, du bateau Babel, rentrent en France et nous proposent de le prendre dans leur valise. Encore merci pour votre aide!

Le 14 décembre à 6 heures du matin, nous rejoignons le ponton gasoil de la marina. Sea You Soon accoste derrière nous pendant que Free Bird et La Mère Veilleuse se préparent à larguer les amarres. Chaque bateau choisit ses options… Quelles voiles? Quel cap? Quelle amure pour rejoindre Puerto Velero? La mer est formée, le vent monte. Robin sort un yaourt à boire mais au lieu de finir dans son estomac, il finit par terre dans le cockpit!

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A notre arrivée dans le chenal de Puerto Velero, le courant et le vent sont contre nous. Nous avançons à seulement 2 noeuds au moteur et tirons des bords pour aider Sea You à progresser… Un comité d’accueil, la Guardia Costa colombienne, nous attend. Ils montent à bord et contrôlent nos papiers dans une bonne ambiance. Ils sont tous très gentils et le responsable se prête même au jeu de la photo souvenir 😉 Free Bird et Sea You Soon ont de la casse (poulies de grand voile, lazyjack, épissures…). Le golfe Darien est technique et physique pour les voiliers.

Le coucher de soleil est magnifique ce soir!

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Nouveau départ matinal pour Isla Rosario. Nous nous rendons vite compte que les gribs sont sous estimés. Le vent monte, la mer est hachée et les vagues sont courtes. Nous choisissons de frôler les côtes et de faire du rase-cailloux (nous nous habituons déjà aux navigations bretonnes 😉 ). Tout à coup, nous entendons Free Bird prendre des nouvelles de la Mère Veilleuse à la VHF. Ils ont méchamment embardé et se sont retrouvés avec leur grand voile à contre à cause de leur retenue de bôme. Plus de peur que de mal… Ouf!

Nous laissons Cartagène à babord et mouillons les premiers tout juste avant le couché du soleil. Nous guidons les trois bateaux à la VHF pour leurs arrivées nocturnes. Nous restons trois nuits dans ses eaux. Ecole, baignades, recherche de langoustes et farniente sont au programme. Emile est ravi de sortir son cartable gentillement préparé par Sophie, la maitresse de petite section de Robin et Marius.

Il est temps de décoller car notre sortie du pays a été faite depuis quelques jours… Nous sommes donc hors la loi 😦 Au revoir la Colombie… 150 miles nous attendent pour rejoindre Puerto Obaldia au Panama.

Dans le golfe Darien, la mer est une poubelle géante! L’eau est marron, les détritus sont par milliers posés sur les sargasses, les troncs d’arbre sont légion…

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Au levé du jour, nous apercevons les montagnes de la Comarca de San Blas, située le long de la côte nord-est du Panama. Free Bird est déjà au mouillage. La passe est rock&roll. Ca déferle de partout! Nous voyons des lanchas scolaires débarquer de façon scabreuse des écoliers sur la plage. Le mouillage est plus que rouleur, des troncs d’arbre frôlent la coque 😦

Sea You Soon arrive… Nicole et Michel sont dépités car leur parasailor (spi équipé d’une voile de kite) est parti à l’eau et a malheureusement fini sa courte carrière dans l’hélice… Nicole a les mains brûlées pas la manoeuvre 😦

Nous avalons rapidement le repas et descendons l’annexe pour faire les formalités d’entrée. La forte houle nous rend la tache difficile… Le dinghy passe à deux reprises sous la coque de Sea You lors de la pose du moteur hors bord!

Manu dépose Perrine, Serge et Michel, au ponton puis repart sur Sea You car il est impossible de laisser l’annexe là-bas. L’accès au village se fait par un barrage de douane. Nous sommes accueillis par une population composée en majorité de Noirs et de Gunas, la plupart travaillant pour la police des frontières. Les habitants cohabitent joyeusement dans une ambiance des plus détendues. Perrine et ses acolytes rejoignent d’abord le bureau de l’immigration. L’agent les envoie à la boutique au coin de la rue pour photocopier en quatre exemplaires tous leurs papiers (passeports, Zarpe, papiers du bateau). Ensuite, direction la capitainerie pour l’obtention du Cruising Permit panaméen… 3h30 plus tard et dépouillés de plus de 400$ chacun, ils retournent à bord de Sea You. Nous n’allons pas nous plaindre… Finalement, nous nous en sommes pas mal sortie car les enfants n’ont pas payé leurs visas de 105$ par personne!!! (Une chance car en arrivant à Linton Bay, nous apprendrons que nos bateaux copains ont payé pour tous leurs enfants…). Les droits d’entrée à Panama restent aujourd’hui les plus élevés de notre voyage.

En route le lendemain matin, pour Isla de Pinos, au prés serré. A peine mouillés , nous plongeons dans une eau saine avec trois mètres de fond.

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En nous couchant, Perrine se pose la question de mettre l’alarme de mouillage. Manu rigole car avec 3 mètres de fond, 35 mètres de chaîne (les bateaux autour de nous en ont mis autant) et notre superbe ancre ne nous ayant jamais fait défaut, rien ne peut nous arriver… Allez bonne nuit!

Boum, boum… Perrine sort et constate que nous dérapons! Notre proue tape l’arrière d’un chalutier colombien. Marche arrière, nous repoussons l’avant et remouillons de nuit quelques mètres plus loin. Que s’est-il passé cette nuit-là? Plus de 11 fois la hauteur d’eau en chaîne, 8 noeuds de vent, il nous semble impossible d’avoir dérapé. Nous étions ce jour-là les seuls au mouillage à avoir un orin… Nous ne serons jamais et n’affirmerons rien mais des doutes persistent…

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Après avoir payé la taxe de 10$ pour le mouillage, nous visitons le village et découvrons des visages souriants. Nos regards s’arrêtent sur les costumes des femmes Kunas. Leurs têtes sont couvertes de foulards aux couleurs rouge et jaune intenses, elles portent de merveilleux molas dont on nous avait tant parlés. Tandis que de nombreux bracelets de perles de couleur garnissent leurs avant-bras et leurs mollets. Malheureusement, timides, elles n’apprécient pas d’être photographiées. Les hommes ne portent plus d’habits traditionnels. Là-bas, les habitations sont de simples huttes de bambou recouvertes d’un toit de feuilles de palmier. Les enfants jouent au football avec les enfants Kunas. Lors de notre ballade, les indigènes hallucinent sur la blondeur de nos pirates et leur grande taille. Nous sommes fascinés par ce que nous découvrons. Leur univers est tellement différent de ce que nous connaissons. Un peu à l’écart de la route habituelle des voiliers, ce secteur est encore authentique, préservé et tranquille.

22 décembre, joyeux anniversaire Robin! Des pancakes au petit déjeuner, des ballons de baudruche dans le cockpit, des cadeaux souvenirs, des plongeons du ponton et des textos sur l’iridium des papis et mamies sont au rendez-vous. Nous déjeunons au restaurant du village afin de fêter ses 11 ans autour de bonnes langoustes! Super moment les pieds dans l’eau en compagnie de Free Bird!

Nous nous baladons ensuite vers le cimetière Kunas situé au flan de la colline. Les sépultures sont protégées par des toits de feuilles de palmier. Différents objets (livre, ciré de pécheur, chaussures, tasses, assiettes…) y sont déposés en mémoire des défunts.

Nous croisons par hasard dans ce lieu insolite Irène et Etienne venus nous rejoindre pour quelques jours à bord de Sea you. Ils vous racrontront leur sejour dans le prochain article 😉

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5 réflexions sur “Cap vers les San Blas

  1. Merci pour les nouvelles et les jolies photos.Je vous croyais enoire en Colombie.
    Nous sommes à Pointe à Pitre pour démâtage une petite soudure à faire sur le mât, rien de grave.
    Bonne continuation
    Gros bisous à tous les 5
    Manureva

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  2. On vous lit toujours avec un grand bonheur ! Les enfants sont magnifiques et ont l’air tellement heureux, ils grandissent à vue d’oeil, c’est incroyable ! Merci encore de nous faire partager votre magnifique voyage. Je vous embrasse fort. Catherine

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